Skip to content

ITINERANCES FOTO

Menu
  • Accueil IF 2026
  • Qui sommes-nous ?
  • Edition 2026
  • Editions précédentes
  • Contact
Menu

Photographes de l’édition 2026

A la Chapelle du Quartier Haut, du 9 au 31 mai 2026

« Quand je serai grande, je sentirai des choses qu’eux ne sentiront pas ». Voilà ce que pensait déjà Dolorès Marat, âgée de 8 ans, bouleversée à l’écoute d’un disque classique trouvé à la décharge et qui laissait totalement insensible son entourage. Cette phrase annonce  la sensibilité si singulière qui traverse l’œuvre de Dolorès Marat et sa volonté de marquer sa différence. 

Autodidacte, la photographe développe depuis les années 80 une pratique guidée par l’intuition et l’attention aux sensations fugitives. Ses images, souvent prises à la tombée du jour ou dans la nuit, se distinguent par leurs couleurs sourdes et leurs flous subtils, qui confèrent au réel une dimension incertaine et presque onirique. Sans mise en scène, elle capte des fragments du quotidien qui semblent soudain traversés par l’étrangeté. Chez Dolorès Marat, la photographie devient un espace sensible où le réel vacille et où l’imaginaire affleure, révélant la solitude, la vulnérabilité et la poésie discrète du monde.

La pratique photographique d’Ed Alcock s’inscrit dans une exploration intime et narrative du réel. Elle tisse des liens entre l’individu et son environnement affectif, politique et symbolique.

Dans la porosité entre documentaire et autofiction, il construit ses images avec une attention particulière portée à la lumière, à l’ambiguïté des gestes et à la narration fragmentaire.

L’œuvre d’auteurs comme Emmanuel Carrère, entre récits personnels et réalité, ou encore Annie Ernaux et Édouard Louis, qui éclairent les enjeux de classe, d’identité et de mémoire, résonne fortement avec sa démarche.

Ses séries dessinent un parcours sensible où la photographie devient un outil de questionnement, de mémoire et parfois de réconciliation.Dans sa série Hobbledehoy, parue en 2013 avec un texte d’Emmanuel Carrère, Ed Alcock photographie à distance personnages, paysages et espaces intimes, se posant en observateur du réel qu’il investit. Or, il ne peut être un simple spectateur, puisqu’il s’agit de sa propre vie et de ses origines.

Parcours dans la ville, du 14 au 31 mai 2026

Véronique Abour a débuté par une formation en école de photographie, avant de se perfectionner en studio et en reportage. 

Son style repose sur une interaction entre le réel et l’imaginaire, notamment à travers ce qu’elle nomme le “passage de chien à loup”, ce moment où les perceptions basculent dans une dimension onirique. Passionnée, Véronique Abour a toujours favorisé l’observation de la place des femmes avec respect, dans les différentes cultures du monde.

Après un long travail dans l’ombre, elle accepte depuis quelques années de présenter ses œuvres.

« Mon témoignage photographique sur les femmes Amazighes a commencé en 2019. Leur résilience m’a convaincue d’apporter mon regard photographique, avec respect, pour préserver leur mémoire collective dont elles sont le pilier. Elles ont toutes un destin commun, celui de pérenniser l’existence de leur tribu. Aujourd’hui, après plusieurs séjours, de ce projet photographique est née une grande histoire avec ces femmes. »

À travers l’objectif d’un microscope à fluorescence, cette exposition révèle la beauté insoupçonnée des cellules humaines, végétales et animales. Une trentaine d’images, véritables tableaux naturels, dévoilent l’architecture intime du vivant, habituellement invisible à l’œil nu. Colorées, graphiques et parfois presque abstraites, ces photographies scientifiques transforment l’infiniment petit en paysages fascinants.

Capturées par des scientifiques de Montpellier et issues des travaux des utilisateurs et ingénieurs de la plateforme Montpellier Ressources Imagerie (MRI), ces images témoignent de la richesse visuelle du monde vivant à l’échelle cellulaire.L’association Addict aux Sciences accompagne et valorise ces productions pour les partager avec le public. En créant des passerelles entre recherche, art et société, elle permet à ces images scientifiques de sortir des laboratoires et de devenir une expérience visuelle accessible à tous.

Reporter photographe, Vincent Andorra a débuté en tant que communiquant presse à Agde, puis comme pigiste photo pour divers titres. Il a rejoint les rédactions du quotidien Midi Libre en 1991 en qualité de reporter photographe, en poste successivement à Narbonne, Béziers et Sète où il terminé sa carrière.

Pour le festival Itinérances Foto – IF – il nous propose une projection de moments forts de la vie du port :

. Le déchirage des chalutiers : au vu du plan de sortie de flotte, 9 des 18 bateaux vont disparaître, moment très douloureux pour les travailleurs de la mer.

. Un portrait de Ike Aronowicz, qui fut le capitaine de l’Exodus au destin tourmenté, lors du 50ème anniversaire du départ du port de Sète.

. Les marins abandonnés lors de l’immobilisation des « bateaux poubelles » : ce fut le cas notamment pour le Rio Tagus, immobilisé quasiment dix ans. Les marins, 12 hommes, dans l’attente d’une solution, livrés à eux-mêmes quatre mois à bord, furent aidés par le Seamens’club, en attendant leur rapatriement.

Jnane Niche (« Jardin des abricots ») est un village de pêcheurs du nord du Maroc, sur la côte méditerranéenne. Douze ans après la découverte de ce lieu, une embarcation a chaviré – un seul homme a survécu. Me proposant alors de raconter leur histoire, les habitants ont refusé la parole filmée et confié à la photographie la charge du récit. Au fil des saisons, j’ai entrepris de documenter la dignité silencieuse d’une communauté unie face aux épreuves de la mer, à la fois nourricière et dangereuse, et la fragilité d’un mode de vie menacé.
Né en 1953 à Marrakech, Daoud Aoulad-Syad fut d’abord docteur en sciences physiques, avant de se lancer dans la photographie. Son œuvre fait aujourd’hui l’objet de publications et d’expositions importantes, à l’Institut du monde arabe ou encore à la Maison Européenne de la Photographie. Il poursuit en parallèle une carrière de cinéaste, réalisant des courts métrages comme Mémoire ocre (1991) et des longs métrages parmi lesquels Adieu forain (1998).

Daoud Aoulad-Syad est représenté par la Galerie 127.

L’exposition « En communauté » propose une plongée photographique dans l’univers d’une maison d’accueil, associative et communautaire, en Cévennes. Tel un refuge, la maison offre une forme de liberté, loin du regard et des normes sociales. On est à la lisière. La nature, débordante et indomptable, dialogue avec les corps. Les photographies sont autant d’indices, d’instants suspendus dans cet espace de vie partagé, la poésie logée dans l’infime des détails et des présences, donne au spectateur la place de se projeter, d’imaginer un monde plus tolérant, plus humain, moins frontal.

Elsa Beaumont explore une approche documentaire et sociale de la photographie. Ses projets naissent d’une lente immersion dans des lieux de vie qui se développent dans les marges. Ils questionnent notre rapport au monde, aux normes et proposent d’observer celles et ceux qui en réchappent. Diplômée de l’ENSP d’Arles, lauréate de plusieurs prix, elle expose régulièrement dans des festivals, galeries et centres d’Art.

Avec le soutien de la Région Occitanie, aide à la production 2024.

« Le temps file plus fort que tout. La tentation de le suspendre pour l’éternité.

Saisir l’instant : le sujet est là, il respire. Derrière chaque personne se cache un destin individuel.

L’approche systématique, un portrait sous la forme d’un dyptique. D’abord au plus près du visage : leur singularité. Puis en contrechamp : leur univers qui se limite souvent à quelques objets, gestes ou habitudes où s’inscrit encore leur présence.

Un témoignage des années qui passent. Une retranscription du tangible tel qu’il est. »

Lionel Briot fait ses premières photos à 15 ans avec un Nikkormat. C’est un être sensible, curieux et autodidacte qui développe très tôt un travail d’auteur. Ses images, en prise avec le réel, accrochent par leur force narrative et leur humanisme. Photographe au contact au plus près de ses sujets, il sait intuitivement les révéler dans leur plus profonde vérité.

Comme eux, il est lui, avec pour seule partition ce mélange singulier de sincérité, d’humilité et de pudeur.

Depuis plusieurs années, lors de ses voyages en Asie du Sud-Est, Robert Canault a pu observer avec étonnement les nouvelles pratiques photographiques, notamment chez les jeunes, apparues plus tardivement en Europe. Avec un téléphone nous sommes tous photographes, pour créer des souvenirs, les transmettre et surtout jouer du rapport à son image. Ce qui a motivé son envie de témoigner sur ce fait de société. Ici l’accumulation fait sens. Il a volontairement choisi comme titre le terme québécois d’Egoportraits plutôt que selfies par souci de privilégier la langue française.

Photographe depuis 1976, Robert Canault a été vendeur à l’agence Viva pendant un an. Photographe indépendant, il a travaillé principalement avec la presse (Nouvel Observateur, Humanité Dimanche, Libération, Partir, Alpinisme et Randonnée). Il a été membre de l’agence Viva pendant plusieurs années, puis Directeur de l’agence avec Hervé Gloaguen. Ses photos ont également été publiées dans les Arts de la Table aux Éditions du Chêne, et dans une série de livres sur les objets de collection aux éditions Parangon.

Pour Jean-Luc Caradec ses images évoquent des faux souvenirs : rêver sa vie pour réécrire ce qui s’efface en lui. Ce travail sur l’enfance est la source de son projet artistique, né d’un besoin d’évasion à un moment de fragilité. Créer ces images, c’est rembobiner le film avant que quelque chose ne se dérègle. C’est un espace d’uchronie où il invente un monde de l’enfance imaginaire à partir de films super 8 de vacances d’inconnus. Ces films de famille sont le matériau d’exploration visuel de son travail. À partir de moments réels, il peut rêver et retisser des fragments de vie, imaginant des images d’enfance essentielles, subtiles et fragiles, où l’on peut se retrouver. 

Autodidacte, sa pratique photographique remonte à l’enfance. Son projet est un journal intime visuel, une traduction poétique – souvent distordue par des recherches sur le flou, les textures et le croisement des médiums – de ce qui nourrit ses émotions. L’essentiel de son travail s’inscrit dans “More False Memories”, un cycle obsessionnel de souvenirs inventés, d’enfance ou d’amour.

Dans cette série réalisée à Palermo (Buenos Aires), les jumelles Belén et Pilar évoluent dans un univers où le temps semble suspendu et où l’invisible affleure. Pour Flavia Carluccio ce quartier de son enfance est pour elle un ailleurs intime, un lieu vers lequel elle revient depuis Paris. Pour elles aussi, Palermo est un ailleurs : une terre reconstruite après l’exil d’Uruguay. Entre départs et ancrages, la série explore ces glissements intérieurs qui nous transforment et interrogent : et si c’était ça, la vie ?

Née à Buenos Aires, installée à Paris depuis plus de dix ans, Flavia Carluccio mène depuis plusieurs années un travail photographique personnel. Formée à l’EFET, elle s’attache à saisir ce qui se ressent plus qu’il ne s’explique : une présence, un geste, une fragilité.

Thierry Contini consacre cette exposition à sa tante, Giancarla, âgée de 94 ans. Issue de l’immigration italienne de l’entre-deux-guerres, elle fût rebaptisée « Charlotte » lors de sa naturalisation en 1952. Célibataire et sans enfant, elle a toujours vécu dans une petite ville de Franche-Comté et incarne à elle seule une mémoire ouvrière, familiale et migratoire. « Je ne m’appelle pas Charlotte » se présente comme une exploration visuelle et poétique de la transmission. Un hommage à celles et ceux qui, par leur silence, ont porté la dignité du travail et la mémoire de l’exil.
Thierry Contini vit et travaille à Toulouse. Astrophysicien de profession, il analyse la lumière des galaxies pour retracer leur histoire cosmique. Depuis 2020 il participe aux ateliers photographiques du Centre Culturel Saint-Cyprien à Toulouse, qui ont abouti à cinq expositions collectives. En 2025, il édite son premier livre Je ne m’appelle pas Charlotte dont des extraits sont publiés dans le magazine « Premier Exemplaire ».

Depuis 2021, je travaille sur « Ma vie sans moi ». Dans un monde saturé de selfies, la série dresse le portrait d’un homme dont on ne voit jamais le visage. Une manière de détourner les codes du portrait et créer des images drôles et intrigantes, qui invite le spectateur à s’interroger. Et si l’absence en disait plus que la présence ?

Cette série a été présentée pour la toute première fois en Arles dans le cadre du « off des rencontres photographiques » en 2022, puis dans les festivals de Fréjus, Pont-Saint-Esprit, Pézenas, Privas, Chabeuil, Lerpt… 

En perpétuelle évolution, la série a été publiée dans de nombreux magazines. 1er prix au festival de Carpentras en 2023, le deuxième prix du public au festival d’Art contemporain de Saint-Siffret et la Palme 2025 du festival Photos dans Lerpt.

Ils dansent sous les jupes de leurs géants, observant le monde par une petite ouverture, ces porteurs équilibristes jouent avec la gravité. Tournoyant au cœur de la foule subjuguée par ces immenses personnages venus tout droit du passé. Leurs origines mystérieuses inclinent à la rêverie. Car ces ventres d’osier font rêver petits et grands, ils exorcisent les peines et les tourments, avec l’appui, parfois d’une escorte bigarrée. On se grime, on se cache, on joue à se faire peur.

« Je suis né un 9 juillet, jour de la fête de Gayant à Douai dans les Hauts de France. Le jour de mes trois ans, malade, ma grand-mère avait réussi à faire venir les Gayants pour qu’ils dansent devant sa fenêtre. Des hommes et des géants c’est un peu mon histoire ».

Paulien Dubelaar (1974) est une artiste néerlandaise qui s’exprime à travers la photographie. Après avoir obtenu son diplôme de la Fotoacademie d’Amsterdam, elle combine sa pratique artistique avec une carrière de toute une vie dans l’enseignement.

Viarigi, en Italie, est un village à moitié abandonné, comme tant d’autres communautés de la région méditerranéenne. Dans les maisons désertées, les placards sont encore remplis de nourriture, des vêtements pendent soigneusement dans les armoires, et un journal datant de 1980 repose sur la table. La vie semble s’être arrêtée, et dans notre regard résonne ce qui fut autrefois. Que reste-t-il de la vie lorsque les êtres humains ont disparu ? Tel un archéologue muni d’un appareil photo, Paulienrecueille les souvenirs de ce lieu. Elle tente de capturer ce qui s’efface lentement et finit par disparaître. Les images du village vide peuvent être vues comme des autoportraits. En photographiant le crépuscule de la vie, elle reflète son désir existentiel d’être vue et entendue, de trouver une reconnaissance pour son existence.

Du ciel, des oiseaux et du vent surgit le souvenir…

Un autre ciel explore le paysage comme territoire de la mémoire. Ce récit poétique est un voyage entre le présent et le passé, à la frontière du visible et de l’invisible. Quand le paysage et la lumière se mêlent au souvenir, la couleur devient une vibration, comme un langage qui révèle l’intériorité et transforme la perception du monde en expérience intime.

Jasmine Durand vit et travaille entre Paris et la Côte d’Azur. Après des études de droit, elle décide de se consacrer à sa passion pour les arts visuels. Son travail photographique explore l’intime, le féminin, la nature et d’autres mystères. Faisant écho à des sensations réelles, rêvées ou fantasmées, ses images révèlent la quête d’un ailleurs où l’océan, l’envol des oiseaux, le ciel, les vagues côtoient des corps, des visages ou des souvenirs. Finaliste de la Bourse du Talent avec la série Arabesque nocturne, son travail a été publié dans les revues Réponses Photos et Niepcebook, sélectionné dans des festivals et exposé en galerie.

J’ai traversé une ville du Zhejiang dont les ruines s’abreuvent autour d’un étang. On y entre par une rue à sens unique comme dans un labyrinthe. L’air est stagnant, l’orientation difficile, la poussière efface les étoiles. D’un jour à l’autre, les rues changent, les immeubles disparaissent. Des maisons sans fenêtre aux entrailles meublées. Seuls les courants d’air donnent l’illusion d’une respiration. Entre les décombres, un pied flotte, une main émerge. Ce sont les vieux qui restent. J’ai collé leurs membres sur les façades qu’ils habitaient hier, j’ai couvert de peau ces murs à vif.

Chorégraphe et plasticien arlésien, Fu LE étudie la sculpture à Paris, puis la danse à Lausanne où il revisite sa pratique de plasticien à travers le corps. Il poursuit sa recherche en Master à Taipei, où il produit de nombreuses vidéos primées à l’international. En 2017 il fonde la compagnie Tétrapode. En 2022 il est artiste associé à la Maison de la Danse de Istres, où il travaille à transcrire le mouvement en image.

Né en 1951, Jean-Loup Gautreau vit à Sète et travaille entre Toulouse et Paris. Après ses études, il assiste des photographes liés à Vogue, Harper’s Bazaar et Elle à New York. Au début des années 1980, il devient photoreporter pour l’Agence France-Presse et couvre aussi bien grands événements sportifs que conflits internationaux. Son parcours au sein d’agences prestigieuses lui vaut notamment deux distinctions de l’Université du Missouri.
Avec le temps, son regard évolue vers une approche plus artistique, présentée dans publications et expositions, attentive à notre environnement et à la poésie du réel. La série « Varda par Gautreau » en était un exemple marquant. Réalisées durant deux mois de tournage des Plages d’Agnès, ces photographies en noir et blanc saisissent la cinéaste au travail avec simplicité et précision. Les autres œuvres présentées sont les témoins de ses rencontres et d’une époque, elles invitent le spectateur à observer, chercher le détail et partager un regard sensible sur la création. JL Gautreau a publié huit livres dont Le cimetière marin et La Pointe Courte.

Dans la série présentée pour IF 26, Didier Grappe montre des photographies qui ressemblent à des fictions. Elles visent, par ce biais, à interroger notre rapport à l’image dans un moment où le visible – désormais manipulable à l’infini – ne semble plus être un moyen fiable pour appréhender notre environnement.

Didier Grappe est diplômé de l’ENSP d’Arles en 1997. Artiste et enseignant, il a aussi accompagné durant 20 ans les créations du Théâtre du Radeau/François Tanguy et de la chorégraphe Maguy Marin.

Après avoir photographié des zones de conflits (Bosnie Herzégovine – Moyen Orient) puis voyagé dans de nombreux pays, Sophie Hatier s’éloigne du reportage et se concentre depuis une quinzaine d’années sur une approche plus plasticienne et sensorielle du paysage, du portrait et du vivant en général. Dans ses paysages, qu’elle préfère nommer espaces, elle brouille volontairement les repères spatiaux et temporels. Gommant toute anecdote, ses images sondent la limite entre le concret et l’abstrait et le point de bascule entre la photographie et la peinture. 
Les images présentées ici ont été réalisées en Norvège. L’idée de ce voyage lui est venue après la découverte de la peintre franco-norvégienne Anna-Eva Bergman et de son Art d’abstraire, lors de la rétrospective que le Musée d’Art moderne de Paris lui a consacrée en 2023. Partie sur ses traces, elle en a rapporté des images qui ont finalement trouvé leur autonomie.

Née en France, Khanh développe dès l’adolescence une sensibilité pour la photographie en autodidacte, nourrie par de nombreux projets documentaires et artistiques à travers le monde. En argentique et au moyen format, ses travaux personnels explorent le subconscient et l’invisible, amènent à voir au-delà de ce qui apparaît. Ils sont régulièrement publiés et exposés en France comme à l’international.

« 88 jours est un journal photographique émotionnellement autobiographique né dans des circonstances difficiles. Afin de me donner un objectif quotidien pendant la chimiothérapie, j’ai décidé de publier sur Instagram une photographie extraite de mes archives qui ferait écho à la beauté fugace de ces petits instants de grâce qu’offre la vie chaque jour.

Ce journal a duré 88 jours, interrompu par l’épuisement physique. Témoignage sensible du quotidien à travers la maladie, il m’apparaît aujourd’hui tel un recueil intime de moments précieux face à l’adversité et une ode à la beauté de la vie. »

Une réflexion sur la vie, ou plutôt un récit ironique mais non moins dramatique de ce qui nous arrive souvent : refuser de voir les choses telles qu’elles sont, se laisser emporter puis se sentir épuisé, jouer à des jeux qui finissent mal, s’accrocher à ce qui, croyant nous sauver, nous entraîne vers le bas. Se faire du mal et continuer malgré tout… parce que c’est la vie.

Kukki – Mario Cucchi est né à Boffalora (MI) le 17 octobre 1958. Après des études techniques et artistiques, il travaille dans la publicité de 1982 à 2020 comme concepteur visuel, directeur artistique puis directeur de la création pour plusieurs agences milanaises. En 2001, il fonde La Fonderia, agence de communication où il explore la photographie numérique. Séduit par son potentiel expressif, il développe progressivement un langage personnel fondé sur l’équilibre entre synthèse conceptuelle et élégance formelle. Il se consacre aujourd’hui entièrement à la photographie d’art et expose en Italie et à l’étranger. Ses œuvres figurent dans des collections privées.

Gaia. Par ce titre, cette série tire son nom de l’hypothèse de Lovelock et Margulis, qui décrit la Terre comme un super organisme dans lequel les êtres vivants et la planète établissent un équilibre autorégulé pour la survie de l’ensemble. Jaume Llorens a créé des diptyques verticaux en assemblant des photographies de l’environnement naturel pour explorer les liens et résonances entre elles — chaque image modifiant l’interprétation de sa paire, générant un équilibre nouveau, différent de la simple somme des parties. Cet équilibre met en lumière les connexions subtiles entre éléments vivants et non vivants, et nous rappelle qu’en tant qu’espèce, nous faisons partie de ce mécanisme, avec un rôle crucial dans son maintien.Jaume Llorens (Porqueres, Girona, 1966) s’est passionné de photographie depuis l’adolescence. Quelques distinctions internationales l’ont amené à exposer à New York, Londres ou Paris. Il a été publié dans des revues telles que Black+White Photography (UK), Royal Photographic Society Visual Art (UK) et Vostok (Corée du Sud).

Lucas Mancione, artiste plasticien né à Sète en 1971, vidéaste et musicien, est cofondateur avec Robert Combas du groupe Les Sans Pattes. Il expose en galeries et institutions, et est l’auteur de la sculpture “LaPunta dell’Orecchia” exposée à Sète.

Yann Merlin, né en 1967, artiste pluridisciplinaire, photographe et vidéaste, expose depuis les années 1990. Invité par Tendance Floue, il participe au projet Azimut au Musée Nicéphore-Niépce et publie dans la presse internationale.Ata.100.t, est un collectif néo-dada qui croise image réaliste et graphisme direct selon le principe du cadavre exquis. Refusant l’exposition traditionnelle, le groupe investit l’espace public. Pour cet événement, les artistes colleront leurs images sur la barge du môle de Sète, symbole de la première construction de la ville, inscrivant leur geste dans son origine et sa mémoire.

Festin est une exposition en binôme de Nathalie Maufroy et Thibaut Streicher qui explore les formes et les gestes par lesquels les humains célèbrent la vie. Entre repas, fête et rituel, l’exposition compose une série de portraits où se croisent rencontres, traditions, croyances et imaginaires.

À la manière d’un repas somptueux, les œuvres interrogent ce qui rassemble : célébrer, se réunir, se travestir, se transformer. Entre rituel, carnaval et cérémonie, les identités se rejouent à travers ces instants de sublimation, cherchant à transcender la tranquillité du quotidien bousculée par l’actualité bouillonnante.

Cyanotypes, installations, images en petits et grands formats et dispositifs de réalité augmentée composent le menu de l’exposition.

Artiste visuelle et scénographe, Nathalie Maufroy mêle photographie, installation et vidéo. Photographe, peintre et artiste culinaire, Thibaut Streicher cuisine ses procédés photographiques.

Blázni!, « les fous » en tchèque, est le titre de cette série. Elle est dédiée aux cancres, aux révoltés, aux poètes, aux fous, à ceux qui ne se conforment pas. Blázni! propose de les célébrer et d’interroger ce que leur liberté parfois radicale peut nous apprendre. La scénographie s’inspire des accrochages en salon de 1900 : une densité assumée, une profusion presque étouffante, où les œuvres se répondent dans un dialogue serré. Les visages, à peine révélés, nous observent autant que nous les regardons.

Rose Mihman navigue à travers le temps. Depuis très jeune, elle compose dans sa chambre des mises en scène avec des vêtements anciens et des objets chinés ; rien n’a changé. La photographe française construit des images comme des tableaux habités par ses rêveries. Nourrie de peinture et de dessin, elle développe une esthétique aux accents pictorialistes et explore des techniques anciennes comme l’autochrome. Elle s’attache aux êtres et aux objets marqués par le temps et cherche à saisir des instants d’égarement où ses sujets semblent flotter.

Côté grand fleuve, en Birmanie, dans la ville de Pathein.  Dans cette rue, des hommes travaillent à mains nues, vident des tonneaux de leur goudron, remplissent de petits sacs. Ce goudron servira à imperméabiliser la coque des bateaux, les volets des maisons. Ils m’accueillent, certains sont très jeunes, j’y reste, j’y retourne. L’intensité de leur présence dans leur attente, la grossièreté de leurs tâches et la grâce mêlée dans leurs gestes, détonnent et me fascinent.

Après des études de biologie à l’université de Montpellier, suivies par des études de cinéma, BTS Louis Lumière, Florence Moniquet a travaillé en tant que caméraman pendant 25 ans.

Les travaux sur les documentaires et les films ont influencé celui de la photographe : raconter une histoire, travailler sur un thème, faire une série. Depuis 10 ans, à travers des voyages en Asie, elle photographie le monde du travail, des hommes, des femmes.

Plonger dans le vide, être allongée au milieu des fougères, nager dans une rivière perdue, lancer un filet à la mer, narguer les voitures, être un ange ce soir, être un Apollon cette nuit dans Paris vide, regarder le monde sans jugement à travers une vitre mouillée, rêver de cow boy … Et si c’était ça la vie ? Ou du moins une idée de la vie ?

PODA, la Petite Oeuvre d’Art, propose une exposition de photographies issue du travail des 21 artistes qu’elle compte dans sa collection. Installée à Sète depuis mai 2023, la PODA vient d’ouvrir un nouveau lieu sur l’île singulière. La PODA est une initiative artistique unique qui réinvente la manière de collectionner la photographie d’auteur. La collection est composée de plus de 600 oeuvres originales de qualité dans un format inédit de 9x12cm, présentées dans une boîte qui fait le cadre et disponible à un prix unique de 49€. La PODA a été créée pour sensibiliser le plus grand nombre à l’art photographique.

Photographe d’origine Corse né en 1970, Marc Pollini vit et travaille entre Nice et Bastia. Sa pratique photographique se décline sous différentes formes (portrait, reportage, paysage…) en noir et blanc et en couleur, en petit et moyen formats, à la chambre. Son travail alterne collaborations avec la presse et projets personnels. Qu’il s’attèle à immortaliser les arabesques célestes des oiseaux ou à saisir les lignes d’horizon qui scindent et relient paysages marins et aériens, Marc Pollini poursuit un travail de contemplation active qui convoque notre regard, nous invitant à voir autrement, avec une infinie douceur, le monde qui nous entoure. Sa photographie jamais ne nous heurte, toujours nous réconcilie avec un ordinaire qu’il nous encourage à apprécier à sa juste valeur.

Avec cette série Métropolis, il nous est proposé une vision à la fois utopique et onirique de l’espace urbain. Entre réalité et fiction, les images (sténopés) sont le fruit d’une minutieuse mise en scène pour créer l’illusion et s’interroger sur le sens de la réalité. La camera obscura impose un autre rythme. Elle invite à ralentir, et observer ce qui reste quand tout semble s’accélérer. Elle invite à repousser les limites du temps et à modifier notre perception du monde.

Christian Poncet pratique la photographie depuis l’âge de 18 ans. La « Street photography » reste sa pratique privilégiée, même si, en parallèle, l’utilisation du sténopé l’amène à aborder une photographie plus contemplative et onirique. Il participe à de nombreuses expositions. Il est représenté par la galerie « Mind’s eye » à Paris. Ses photos figurent dans les collections (musées ou artothèques).

La nature a besoin de pourriture pour vivre. Sans cette nature, pas de nourriture. Et ce qui n’est pas mangé est censé pourrir. En alimentant mes séries de photographies culinaires m’est venue l’idée de ces images. Je voulais montrer du beau, mais du beau difficile d’accès. Et, avec beaucoup de plaisir, essayer de sublimer ce modèle du déclin du vivant, que notre culture nous a appris à trouver répugnant.

Ce travail pour ne pas oublier que même sans êtres humains sur Terre, la vie continuera.

Marjorie Ray est une artiste pluridisciplinaire, qui partage son activité professionnelle entre vidéo, cuisine et photographie. Elle est diplômée en 2002 de l’école de photographie de Vevey en Suisse. Elle alterne la photographie publicitaire pour la parfumerie de luxe, avec la création vidéo ou le stylisme culinaire. Le voyage est une source d’inspiration culinaire et photographique, qui tient une place importante dans sa pratique.

Femmes berbères aux portes du Sahara marocain. Une vie simple qui nous interroge.

Ce projet suit le quotidien de femmes berbères sédentarisées suite à la sécheresse, vivant sous des tentes en tissus récupérés, sans eau courante. Leurs revenus proviennent des pourboires de touristes venus en 4×4 pour le thé.

À travers l’habitat et les objets du quotidien, la photographe propose une réflexion sur nos manières de vivre. Elle nous invite à interroger notre rapport au temps, aux gestes, au collectif et à la dignité, mettant en perspective deux manières d’habiter le monde. En documentant la simplicité, elle en révèle la dimension sensible par le détail.Par une double écriture, documentaire et abstraite, Sandrine Rousseau construit des compositions épurées. Elle explore notre lien à l’essentiel et interroge l’impact du système économique sur nos modes de vie et nos existences. Parcours et expositions : France, Angleterre, Chine et Maroc. Elle vit dans les Pyrénées ariégeoises.

Sandrine ROUSSEAU est représentée par la Galerie 127.

Ma série est une traversée de mon histoire familiale, absence mémorielle. Mes grands-parents juifs tunisiens ne m’ont laissé que des fragments, des images manquantes. À Tunis, en 2021, je retrace un parcours imaginaire de leur vie passée, laissant le bleu me guider. La couleur devient fil : frontière et refuge, ouverture vers l’infini. Ce travail prend la forme d’un recueil : un album inventé, un passage possible, là où le passé se dérobe tout en persistant.

Par le voyage, le médium devient langage, expérience du réel. Quelques années au Proche-Orient forgent mon regard aux marges et à l’humain, aux figures de l’entre-deux, à la lumière.

Dans un monde qui surveille, analyse, contrôle tout, je suis fascinée par les zones d’ombre, les poches de mystère que même les technologies les plus avancées ne peuvent encore coloniser. Parmi ces territoires incontrôlés : ceux des rêves, vaste continent d’ambiguïtés et de vertiges. J’ai souhaité explorer cet espace mental où le rationnel cède la place à l’instinctif. Ces territoires où les mots vacillent et où l’image prend le relais.

Une invitation, non pas à comprendre, mais à ressentir.

Photographe autodidacte, mon travail explore principalement les émotions et l’inconscient. Des sujets, par essence, insaisissables. Mes images ne cherchent pas à représenter strictement le réel mais à suggérer l’invisible, le poétique, le métaphorique. En 2025, j’ai été lauréate du prix Discovery of the Year des International Photography Awards et finaliste du prix QPN.

Le Collectif SystemD réunit 7 jeunes ami·es photographes autour de la création et de leur rapport à l’image. Leurs expérimentations et réflexions prennent la forme d’installations, d’objets photographiques et éditoriaux, présentées notamment à plusieurs éditions du Festival Off à Arles. “Avec les moyens du bord”, ils, elles tentent de partager leurs observations du réel dans des créations collectives, documentaires, intimes et plastiques. Après leur rencontre à l’école EFET à Paris, ils, elles sont aujourd’hui basé·es en Île de France.

En 2025, une résidence à Vaux-sur-Seine est menée pour explorer ce que signifie créer à plusieurs. Un livre façonné à sept en émerge : le temps partagé et le lieu deviennent la projection d’un processus créatif collectif, où les images circulent, se transforment et se détachent de leurs auteur·ices. Pour Itinérances foto, chacun·e revient sur ses propres images, toujours imprégnées par ce dialogue à plusieurs. L’aller-retour entre le commun et la singularité devient matière de réflexion et de création, et permet une lecture plus brute du territoire et de l’expérience vécue. De nouvelles formes et installations naissent et se déploient dans les espaces du pôle universitaire Michèle Weil.

Cette série retrace l’histoire familiale de mon épouse, Álfheiður. En 2009, elle retourne à Þórshöfn, au nord-est de l’Islande, pour restaurer la tombe de sa grand-mère et redécouvre Steinholt, la maison de son enfance bâtie par ses grands-parents au bord de la mer. L’année suivante, le propriétaire lui propose de la reprendre.

Pendant sept ans, je parcours cette région austère et belle sur les traces de ses ancêtres. Ces images, loin d’une approche documentaire, explorent la mémoire, l’esprit des lieux et l’empreinte du temps.

Photographe autodidacte né à Skegness (Angleterre), je découvre la photographie à la fin des années 1970 en photographiant les touristes sur le front de mer. Installé en France depuis 1992, je vis près de Montpellier. Représenté par la galerie Camera Obscura à Paris depuis 2000, j’ai réalisé une quinzaine de séries exposées en France et à l’international. Plusieurs monographies ont accompagné mon travail.

Christopher TAYLOR est représenté par la Galerie Camera Obscura.

Explorant photographie, dessin, vidéo, écriture, peinture, chant et musique, je cherche à saisir l’élan intérieur et les détails du monde avant qu’ils ne disparaissent. Mes créations, souvent brèves et fragmentaires, composent une cartographie sensible où se mêlent légèreté, mélancolie et place accordée au hasard.

Le Polaroid, avec ses résultats imprévisibles, accompagne cette recherche. Entre incertitude de la prise de vue et développement sensible à la lumière, à l’humidité ou à la température, chaque image devient une surprise. Elle transforme le présent en

« déjà souvenir », teinté d’une nostalgie propre à ce format : une nostalgie du maintenant.

De la côte méditerranéenne à la mer de Norvège, entre Sète, Paris et Tromsø, un Polaroid Go a capturé ces fragments de réel. Dans l’écart entre ce qui est vu et ce qui apparaît sur le film se révèle une part d’incertitude, celle qui traverse le vivant, de la cellule aux expériences humaines.

Sanshin est né d’un déplacement du regard. L’auteure photographie le vivant non comme un décor, mais comme une présence à laquelle elle appartient. Ce qui l’intéresse est la manière dont les formes se répondent : une circulation d’énergie, une continuité entre le minéral, le végétal, l’animal et l’humain. Dans certaines images, elle entrevoit une dimension cosmique, une organisation silencieuse qui relie l’infiniment proche à l’infiniment vaste. Regarder devient alors une expérience simple : reconnaître que nous faisons partie de cette architecture du vivant, et que cette appartenance est une richesse. 

Véronique Wlody est une photographe française et directrice artistique, formée au San Francisco Art Institute. Elle développe une pratique photographique ancrée dans une exploration de l’invisible, de la mémoire, du sensible. Son travail, essentiellement en noir et blanc, se construit en fragments, entre traces fugaces et échos du réel. Engagée sur des questions sociales, elle documente des communautés marginalisées et interroge l’empreinte du passé sur le présent. Son œuvre a été exposée à Arles, Paris et Bruxelles, et elle a été représentée pendant dix ans par la Galerie Voz’Images.

  • Aucune catégorie
©2026 ITINERANCES FOTO | Built using WordPress and Responsive Blogily theme by Superb